LA GLOIRE

Gloire

 

Voulant voir si l'École était bien digne d'elle,
La Gloire un jour, du ciel, descendit à Saint-Cyr.
On l'y connaissait bien, ce fut avec plaisir
Que tous les saint-cyriens reçurent l'immortelle.

Elle les trouva forts ; ils la trouvèrent belle.
Après trois jours de fête, avant de repartir,

La Gloire voulant à tous laisser un souvenir,
Fixa sur leurs shakos des plumes de son aile.

Ils portèrent longtemps ce plumet radieux.
Mais un soir de combat, près de fermer les yeux,
Un saint-cyrien mourant le mit sur sa blessure
Afin de lui donner le baptême du sang.

Et depuis nous portons, admirable parure,
Sur notre shako bleu le plumet rouge et blanc.

Élève-officier Georges Rollin
Promotion du Sud-Oranais (1902-1904)

 

 

 

À propos de l’auteur de la Gloire

L’auteur de la Gloire est méconnu de la plupart et de fausses informations courent à son sujet. Ce petit texte a pour objet de corriger ces deux failles.

Fils d’Albert Rollin (promotion d’Alsace-Lorraine, 1872–1873), Émile, Albert, Georges naquit le 4 avril 1882 à Reims. Suivant un usage répandu à l’époque, son troisième prénom est privilégié sur les deux autres. Ceci explique de nombreuses confusions administratives ou de la vie courante ; lui-même signait Georges. Suivant les traces de son père, il intègre la promotion du Sud-Oranais (1902–1904). Personnage marquant de sa promotion, il crée la Gloire qui devient le symbole que nous connaissons.
Par la suite, il choisit la cavalerie et sert dans divers régiments montés. À la fin de la Grande guerre, il est capitaine, titulaire de deux citations (il recevra la Légion d’honneur en 1920), et se lance dans ce que nous appelons aujourd’hui les relations internationales. Il part une première fois en Pologne, puis en Italie comme attaché militaire adjoint à Rome.
Marié en 1923, il décède (cause inconnue) le 18 octobre 1925.

Parallèlement à sa carrière militaire, Rollin développe son penchant pour la poésie.
Il devient rapidement un écrivain reconnu et sera primé à plusieurs reprises. Dès 1909, il reçoit une première fois le prix de poésie de l’Académie française pour le Drapeau, puis une deuxième fois en 1911, pour son recueil consacré à la Conquête de l’air. En 1925, il est primé une dernière fois, à titre posthume, pour Casqués d’azur.
Bien que peu lu de nos jours, Georges Rollin a marqué son époque. Il fait partie des officiers écrivains de la Grande guerre et a contribué à la littérature patriotique de notre pays.